Olentzero s’invite à l’arbre de Noël : la tradition basque en entreprise

Olentzero s'invite à l'arbre de Noël : la tradition basque en entreprise

Le 24 décembre, dans bien des villages du Pays basque, les enfants n’attendent pas seulement un vieil homme en manteau rouge venu du pôle Nord. Ils guettent aussi un charbonnier descendu de la montagne, Olentzero, que des défilés accompagnent dans les rues avant qu’il ne dépose les cadeaux. Les deux personnages cohabitent sans peine dans l’imaginaire des enfants d’ici. Les arbres de Noël d’entreprise, eux, laissent souvent toute la place au premier, alors que le second a beaucoup à leur apporter.

Un charbonnier plutôt qu’un traîneau

Olentzero appartient à la tradition basque. C’est un charbonnier, autrement dit un homme qui passe l’année dans la montagne à surveiller ses meules de bois, loin des villages, et qui en redescend pour Noël. Pas de rennes, pas d’atelier de lutins, pas de traîneau qui survole les toits. Les représentations varient, mais l’esprit reste le même : un personnage rustique, proche des gens, qui a les mains noircies par son métier.

Pour une fête d’entreprise, ce détail compte. Olentzero est un travailleur. Il exerce un métier rude et solitaire, et sa descente vers la vallée a tout d’une pause gagnée après des mois d’effort. On imagine difficilement figure plus juste pour une après-midi qui réunit des salariés, leurs enfants et parfois la direction autour d’un goûter. Le Père Noël apporte la magie ; Olentzero apporte une histoire que les adultes du pays reconnaissent, et que les enfants des familles arrivées récemment n’ont souvent jamais entendue. Les plus grands s’amusent d’apprendre que le Père Noël n’a pas le monopole des cadeaux, et posent mille questions sur la façon dont un charbonnier peut bien faire sa tournée.

Faut-il choisir entre Olentzero et le Père Noël ?

Non, et vouloir trancher serait une erreur. Une équipe du BAB mêle souvent des familles basques depuis des générations, des salariés venus de Bordeaux, de Paris ou d’ailleurs, et des couples où l’un connaît Olentzero depuis l’enfance quand l’autre en entend parler pour la première fois. Remplacer le Père Noël décevrait une partie des enfants ; ignorer Olentzero revient à organiser une fête qui pourrait se tenir n’importe où en France.

La solution la plus simple consiste à leur donner des rôles différents. Le Père Noël garde la rencontre et la remise des cadeaux, puisque c’est ce que la plupart des enfants attendent ce jour-là. Olentzero devient le fil rouge de l’après-midi : un conte raconté à l’arrivée, un personnage que l’on dessine, une silhouette dans le décor. Dans une entreprise où la majorité des familles sont du pays, rien n’empêche d’inverser les proportions. L’important est de poser la question aux parents avant de décider, par un simple message ou lors d’une réunion du CSE, plutôt que de supposer ce qu’ils préfèrent. Une question posée tôt évite un malentendu le jour J.

Des idées qui tiennent dans une après-midi

Inutile de transformer la salle en musée. Quelques touches bien choisies suffisent à donner une couleur locale à la fête :

  • un atelier où les enfants dessinent leur propre Olentzero au fusain, le crayon du charbonnier par excellence, avec des craies grasses pour les plus petits ;
  • une table de goûter qui fait une place au gâteau basque et à un chocolat chaud, clin d’œil à la tradition chocolatière de Bayonne ;
  • une décoration qui emprunte les rayures du linge basque plutôt que les guirlandes de série ;
  • un panneau d’accueil bilingue, avec « Eguberri on » à côté de « Joyeux Noël » ;
  • un conte lu aux plus jeunes dans un coin calme, pendant que les grands passent au maquillage.

Aucune de ces idées n’exige un budget démesuré, mais toutes se préparent en amont. Le conteur se réserve, le pâtissier aussi, et un atelier fusain sans tabliers ni lingettes tourne vite au désastre pour les tenues du dimanche. Sur le BAB, des organisateurs comme Grenadine & Crayonnade prennent en charge la logistique, la coordination des prestataires, la décoration et les animations d’un arbre de Noël d’entreprise. Autant leur parler de la piste basque dès le premier échange, pour qu’elle soit intégrée au déroulé plutôt que greffée au dernier moment.

Le piège du décor de carte postale

La tradition locale peut aussi mal tourner. Distribuer des bérets à tous les invités, sortir des makhilas comme accessoires de photo ou plaquer des chants que personne ne connaît transforme vite l’hommage en caricature. Pour les salariés basques, c’est leur propre culture que l’on met en scène, et ils voient tout de suite quand elle sonne faux. Une fête d’entreprise n’a pas vocation à jouer les offices de tourisme.

Le plus sûr est de confier ces moments à ceux qui les vivent. Un collègue qui parle euskara peut lire le conte d’Olentzero dans les deux langues, phrase après phrase. Un parent qui chante dans un chœur peut apprendre un refrain aux enfants. Un salarié qui fait le gâteau basque de sa grand-mère sera peut-être ravi d’en apporter un et d’expliquer ce qui le distingue de celui du supermarché. Ces gestes, proposés et jamais imposés, donnent à la fête son caractère bien plus sûrement que la quantité de rouge et de vert sur les nappes.

Un dernier conseil, que les enfants du pays apprécieront : si votre arbre de Noël a lieu avant le 24 décembre, ce qui est presque toujours le cas, ne faites pas distribuer les cadeaux par Olentzero. Il passe le 24, et ceux qui l’attendent le savent très bien. Laissez-le annoncer sa venue et raconter d’où il descend, puis gardez-lui son soir de réveillon.